L'intelligence collective au service du développement

Il y a environ un siècle, le Taylorisme révolutionnait l’industrie à l’apogée de la production de la fameuse Ford T. En 2020, ce modèle n’est plus ce à quoi aspirent la plupart des employés, ni même leurs dirigeants.

En effet, après avoir défini leur stratégies, les entreprises sont de plus en plus confrontées à la nécessité de trouver les moyens de l’implémenter par de la construction participative (co-construction). L’idée n’est, certes, pas nouvelle mais son adaptation au contexte d’aujourd’hui permet à la fois de résoudre des problématiques actuelles, de (re)donner du sens et une réponse au besoin d’appartenance aux employés. La co-construction se base sur le concept de l’entreprise apprenante, qui date de la fin des années 70. On a également vu l’informatique s’approprier la co-construction dans l’édition de logiciels open-source que tout un chacun peut exploiter et modifier librement.

Pourquoi ?

En quelques décennies, nous sommes passés de l’ère de la norme et du standard vers l’ère de la complexité et de l’incertain, et ce dans un contexte d’hyper-connectivité et d’accessibilité permanente de l’information. Pour réussir dans ce contexte, les entreprises doivent innover. Ce sont d’ailleurs souvent les premières à se positionner sur un marché qui en deviennent leader.

Pour innover et résoudre des problèmes qui ne sont pas ceux d’hier, on ne peut plus s’appuyer sur des standards. Il faut puiser dans la diversité des compétences et des vécus pour faire jaillir la créativité et l’intelligence collective.

Cette nouvelle façon d’aborder les challenges de l’entreprise peut s’implémenter aussi bien dans l’organisation elle-même (pour tendre vers un modèle holacratique, dont l’organisation et la gouvernance sont basées sur la responsabilisation des salariés), dans des projets, ou dans une organisation hybride des deux premières. Par exemple, les soins à domicile ont innové aux Pays-Bas, il y a plus de 10 ans, en créant la société Buurtzorg, dans laquelle les équipes sont reliées par des échanges permanents, faisant ainsi émerger les meilleures solutions pour les clients (reproduit depuis).

Comment ?

Pour faire germer l’intelligence collective, mettre en place des structures agiles ou exhorter les collaborateurs à faire preuve d’initiative personnelle ne suffit pas. Il faut mettre à disposition le terreau pour laisser parler la créativité. L’innovation vient en effet de la fertilisation croisée des idées mais aussi de l’ouverture vers le « cerveau émotionnel ». Par des techniques d’animation favorisant le dynamisme, l’interactivité et la confrontation bienveillante des idées, les participants sollicitent leurs facultés d’adaptation et stimulent leur créativité pour trouver des réponses aux nouveaux problèmes. Ces techniques (telles que le design thinking ou les world café) s’appuient sur la visualisation, l’utilisation de l’espace et la diversité des groupes au cours du temps.

Avec qui ?

L’écueil de la co-construction est la volonté de faire participer tout le monde ! En effet, la clé de succès de ces animations est d’avoir les bonnes personnes aux bons moments. La finesse de l’exercice réside donc l’identification de qui est concerné par quel problème pour aller le résoudre, puis de faire réfléchir ces personnes ensemble.

Il est parfois intéressant dans ce type de démarche d’aller chercher de l’expertise externe, non pas pour résoudre une problématique mais pour organiser, animer, catalyser et challenger les solutions construites par les collaborateurs, qui sont ceux qui ont la maîtrise de leur métier, et donc les plus à mêmes d’inventer, ensemble, la meilleure solution.

par Caroline Gelez, responsable de missions chez Ad Valoris.

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